03/05/2013
A lire dans cette rubrique :
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Il faut prendre conscience que tous ces travaux et projets nécessitent du temps à leurs études et à leurs réalisations. Ils présentent tous l'intérêt de permettre aux pêcheurs de détenir directement des droits de pêche et d'aménager les berges pour favoriser la reproduction du brochet et de la truite.
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Rétablir la continuité écologique sur les cours d'eau
de Haute-Saône
Qu’est ce que la continuité écologique ?
Cette notion, introduite en 2000 par la Directive cadre sur l’eau, définie la libre circulation des organismes vivants et leur accès aux zones indispensables à leur reproduction, leur croissance, leur alimentation ou leur abri, le bon déroulement du transport naturel des sédiments ainsi que le bon fonctionnement des réservoirs biologiques (connexions, notamment latérales, et conditions hydrologiques favorables – Article R214-109 du code de l’environnement définissant un obstacle à la continuité écologique).
Pour cela, un classement des cours d'eau en "Liste 1" et "Liste 2" au titre de l'article L214-17 du Code de l'Environnement sera arrêté d'ici le 1er janvier 2014. Il détermine les délais d'actions sur les ouvrages :
Cours d'eau "Liste 1" : Obligation de garantir la continuité écologique pour les sédiments et les poissons sur les nouveaux ouvrages et, pour tous ceux existants, se mettre en conformité au renouvellement de concession ou d'autorisation.
Cours d'eau "Liste 2" : Obligation pour tous les ouvrages de garantir la continuité écologique avec une mise en conformité dans un délai de 5 ans à compter de la publication des listes.
Petit retour en arrière : Depuis l’antiquité, les hommes ont construit des seuils et des barrages dans les rivières pour produire de l’énergie, rendre possible la navigation, prélever et transporter de l’eau pour la consommer ou pour irriguer ou encore créer des étangs de pisciculture. En France, les rivières ont été ainsi marquées par l’aménagement de très nombreux ouvrages, essentiellement des moulins.
La découverte de nouveaux moyens de production d’énergie (machines à vapeur, turbines hydroélectriques) a conduit ensuite à leur déclin : le nombre de moulins en activité a ainsi fortement diminué dès la fin du XIXème siècle. Mais au cours des dernières décennies, de nombreux travaux hydrauliques ont entrainé la multiplication des seuils, dont la plupart ont une hauteur inférieure à 2 mètres.
Début 2010, plus de 60 000 ouvrages sont recensés sur les cours d’eau en France. D’après un inventaire national réalisé par l’O.N.E.M.A. (Office Nationale de l’Eau et des Milieux Aquatiques) plus de la moitié n’a pas d’usage avéré.
Ainsi, un impact important sur le cours d’eau peut résulter d’un unique ouvrage très pénalisant tout comme du cumul le long du cours d’eau de petits ouvrages chacun éventuellement de faible impact.
En créant des chutes d’eau artificielles lors de la construction d’un ou plusieurs ouvrages, la ligne d’eau et la pente naturelle du cours d’eau sont modifiées. Les eaux courantes se transforment alors en une succession de retenues d’eau stagnante, pouvant provoquer :
En Haute-Saône, l’heure est encore à l’inventaire, mais l’on peut affirmer d’ores et déjà que quelques 600 ouvrages (barrages, écluses, etc.) parsèment les rivières du département et sont potentiellement des obstacles à la continuité écologique.
plusieurs projets sont lancés ...
La Fédération de Pêche, partenaire technique et financier des contrats de rivières sur le département, est maître d'ouvrage de travaux de restauration de frayères et de différents projets dans le cadre des contrats rivières Lanterne et Ognon.
Depuis plusieurs années, la Fédération s’investit, soutient et se porte systématiquement maître d’ouvrage dans la limite de ses possibilités financières et humaines pour agir en faveur de la restauration des cours d’eau.
Deux projets sont arrivés à terme :
MOT DU
CONCRÈTEMENT CE QUE CELA SIGNIFIE :
C'est un projet de plus grande ampleur et unique sur le plan national qui a vu le jour
Il s'agit du rétablissement de la continuité écologique sur le cours d'eau "LE RADDON" à FRESSE affluent de l'Ognon. L’objectif de ce projet est de rétablir la continuité écologique entre l’Ognon et le Raddon, (classé réservoir biologique) sur un linéaire principal de plus de 10 km.
En effet, la Fédération de Pêche a l’opportunité de se positionner comme maître d’ouvrage pour des études et des travaux visant à araser et/ou équiper 2 barrages infranchissables sur le Raddon, affluent rive gauche de l’Ognon présentant un bassin versant de 45 km². Mais c'est un total de 4 barrages qui sont concernées sur ce trajet de 10 km : 2 aménagements de barrages seront traités par les propriétaires privés, et 2 autres seront traités avec la Fédération de Haute-Saône.



L'enjeu est donc de taille. L'Ognon est un cours d'eau de 1ère catégorie où l'ombre commun, la truite fario, le chabot, la lamproie de Planer, le vairon sont des espèces bien représentées. Cette biodiversité confère à ce cours d'eau et ses affluents une forte valeur patrimoniale, tant écologique qu’halieutique, justifiant ainsi sont statut de réservoir biologique. Le projet est donc de nature à rétablir la continuité entre l’Ognon et le Raddon, ce dernier étant une zone privilégiée pour la reproduction naturelle de la truite fario.
Bien sur, un tel projet représente un énorme coût et est à l'étude pour évaluer les subventions que nous accorderons l'Agence de l'Eau, le département et la région. Les sommes engagées représentent une sortie de trésorerie trop importante à supporter pour la Fédération. C’est pourquoi, la Fédération Nationale, sur une proposition de notre président Bruno Bolognesi, a décidé de nous aider financièrement pour la réalisation de entreprise (4 barrages infranchissables sont concernés) en nous permettant, par le biais d’un « prêt relais », de supporter la maîtrise d’ouvrage d’un tel projet ayant un intérêt à la fois écologique et halieutique.
Un colloque a été organisé en septembre dernier à Beaune et a permis d'évoquer de nombreux projet concrets à l'instar de la Fédération.
La Fédération est une des premières en France à se porter maître d'ouvrage d'une telle réalisation de plusieurs centaines de milliers d'euros. Une dizaine de kilomètre de ruisseaux seront reconquis pour la remontée des truites. L'enjeu est réellement important.
Les travaux ont démarré pour la rénovation et l'aménagement de la centrale hydroélectrique du Creusot, l'ancien tissage de Fresse afin d'installer une conduite forcée plus en amont du mur de rétention, diminuant ainsi la hauteur avec une branche dérivative.

Lundi 16 avril 2012, la Fédération a procédé à une pêche électrique en aval du barrage du Creusot pour déplacer les poissons présents dans le cours d'eau avant la vidange de la retenue d'eau.

Début mai, les travaux ont démarré sur le 1er barrage du Creusot qui est le plus important dans ce cours d'eau. Cette retenue d'eau permettait l'alimentation via une conduite forcée de 600 m de la centrale électrique de l'ancienne filature. Construit en 1894, sa hauteur atteignait 5,5 mètres pour 10 mètres de largeur !

Une fois cassée, les boues se sont normalement évacué, un enrochement a été réalisé avec l'installation de désableur et dégrilleur, ensuite une rivière de contournement a été dessiné avec une tuyauterie alimentant la conduite forcée. Enfin, le lit mineur de la rivière a été reconstitué avec une passe à poissons. Les essais devraient débuter en septembre pour une mise en service en octobre prochain.
La Fédération a dirigé la restauration de la continuité écologique sur le ruisseau du Clos Champ Tenon à Corbenay. Il s'agissait de remplacer 6 passages busés sous dimensionnés par des ouvrages aériens adaptés au transit piscicole et sédimentaire tout en permettant la traversée du ruisseau par des véhicules.
En outre, ces travaux permettront de pallier la dégradation locale des habitats dans des secteurs encore fréquentés par l'écrevisse pieds blancs et la truite fario, qui sont des espèces protégées. Cette opération, engagée en parallèle de la dérivation de l'étang communal de Corbenay, a favorisé une démarche globale de rétablissement de la continuité sur ce sous bassin versant.
Le projet de restauration de la continuité écologique sur le ruisseau du Clos Champ Tenon à Corbenay validé par le comité de rivière Lanterne, a bénéficié de 80 % de subventions :
La 1ère phase travaux, d’un montant de 28 000 € a permis de remplacer en 2010 trois franchissement busés, sous dimensionnées, par des ponts de 2 mètres de large. Ces ouvrages adaptés aux caractéristiques morphologiques et hydrologiques du ruisseau rétablissent localement le libre transit des sédiments et des poissons, en bref …. la continuité


Pour ces mêmes raisons, 3 autres ouvrages ont été remplacés en 2011 et ont rétabli la continuité longitudinale du ruisseau à l’échelle de son bassin versant.
Tous les travaux se sont achevés fin d'année 2011 rétablissant ainsi la libre circulation des poissons et des sédiments sur cette afférente naturelle de l'Augronne sur une longueur de 5 km.
Dès cette année 2012, les truites entres autres, pourront reprendre une migration reproductive en direction des nombreux lieux de ponte présents sur ce cours d'eau.
Sur le ruisseau des Cerisiers à Fougerolles, les travaux de reconnexion à sa confluence avec l'Augronne effectués récemment permettront aux truites fario d'emprunter à nouveau le chemin de la reproduction sur un linéaire de plus d'un kilomètre.