25/02/2010
Quelques actions menées en 2009
Recensement des zones potentielles de reproduction du brochet
Suite au travail engagé depuis 3 ans sur le recensement des frayères, l’expertise 2009 eu lieu sur les contextes piscicoles définis dans le PDPG : Loir amont, Loir Moyen, Loir aval, Thironne, Foussarde et Ozanne. Les prospections ont eu lieu du 11 février au 28 mars 2009. Cette étude a permis d’identifier sur les 140 km de linéaire prospecté, 151 sites potentiels pour le frai du brochet. Concernant les impacts relatifs à ces zones, les observations ont permis de mettre en évidence un assec des frayères quelques jours seulement après leur mise en eau, la faute à un régime hydrologique très fluctuant et une gestion des vannages mal coordonnée. Ainsi, la variation du niveau des eaux sur ces rivières apparaît comme le facteur le plus limitant à la reproduction du brochet.

Ce constat conduit aujourd’hui la Fédération de Pêche d’Eure et Loir à intervenir sur les sites les plus propices au frai, en proposant la mise en place d’ouvrages de rétention des eaux. L’objectif est de contrôler le niveau d’eau dans la frayère, de manière à assurer la montée des géniteurs (mars) et le retour des juvéniles (mai). L’ensemble des sites inventoriés ne pouvant être tous restaurés, une sélection des frayères à aménager s’imposait. Une rencontre avec les membres des AAPPMA a permis de préciser la faisabilité des projets d’aménagements, ici très dépendante des possibilités d’entente avec les propriétaires concernés.
Suivi des peuplements piscicoles
Cette année, 10 pêches d’inventaires ont été réalisées durant la semaine du 11 au 15 Mai 2009 :
Le Loir à Illiers-Combray : Le peuplement piscicole s’est dégradé par rapport à 2004, avec une qualité médiocre. Le principal problème reste la qualité physico-chimique avec l’absence d’espèce repère (truite, brochet).

Le Loir à Alluyes : La population présente sur ce secteur montre un bon fonctionnement de l’écosystème. En effet, 16 espèces différentes ont été capturées. La densité de poissons est très élevée et similaire à celle de 2004 (120 ind. /100m²) avec en moyenne 127 ind. / 100 m².

L’Aigre à Romilly sur Aigre : Le nombre d’espèces reste constant par rapport à 1999 et 2004 (9). Les truites ne parviennent pas à se développer dans ce milieu, ce qui peut s’expliquer par une forte prédation et un déficit en zones de frayères salmonicoles.

L’Yerre à Saint Hilaire sur Yerre : La qualité du peuplement piscicole est bonne, même si l’abondance est faible ; cela peut s’expliquer par la faible diversité des habitats et surtout des caches.

La Conie à Moléans : la qualité piscicole est mauvaise avec une très faible densité de poissons et une faible biomasse. On note tout de même la présence d’une belle population de barbeaux. Il est important de préciser que la mise en œuvre d’une pêche électrique est très difficile sur cette rivière, et peut ne pas refléter entièrement la réalité.


La Drouette à Villiers Le Morhier : Les résultats sont médiocres avec une faible densité de poissons et une carence en espèces lithophiles (qui vivent en milieu pierreux : barbeaux, vairons,…). Compte tenu des déversements récents et de la faible densité piscicole, on peut mettre en évidence l’efficacité relative de ces repeuplements.


L’Avre à Saint Rémy sur Avre : L’Indice Poissons indique une excellente qualité pour cette station. On observe un important effectif de chabots, alors que les populations de vairons et de loches franches sont assez faibles. L’espèce repère de ce type de cours d’eau (la truite fario) est très bien représentée dans cet inventaire.

La Blaise à Dreux : Cette pêche électrique survient après l’arasement d’un seuil et la renaturation du lit mineur et des berges en 2008. Le peuplement observé fait état d’une bonne qualité du tronçon, avec une bonne colonisation des espèces rhéophiles (la truite, le chabot, …).
La Roguenette à Gasville-Oisème : Même si la qualité reste médiocre, elle s’est quand même améliorée par rapport à 2007. On peut noter l’apparition du vairon et l’augmentation du nombre de chabots. La truite reste toujours absente de la population observée.


Loche Franche Chabot
Le trou à l’Ane à Vernouillet (Deux stations prospectées): Ces deux stations ont été prospectées en 2007 avant les travaux de re-création du lit au niveau du Moulin Rouge, réalisés en 2009. Le peuplement piscicole a très nettement évolué au niveau du moulin Rouge, avec notamment des valeurs de densité et de biomasse multipliées par 20. Pour l’usine à eaux, la truite a disparu de l’inventaire, ainsi que les épinoches.
Programme prévisionnel 2010Cette année encore, un certain nombre d’actions sont programmées dans le cadre de la convention de partenariat signée entre la Fédération et le Conseil Général d’Eure et Loir.
Ø Réalisation d’un réseau départemental de suivi des peuplements piscicoles.
Dans le cadre du réseau mis en place en 2003, 2 stations prospectées en 2005 vont faire l’objet d’un nouvel échantillonnage :
- L’Eure à Fontenay-sur-Eure
- L’Eure à Anet
Une ancienne station prospectée en 2001 fera également l’objet d’un chantier de pêche électrique cette année. Il s’agit de l’Eure à Jouy.
Enfin, de manière à évaluer l’impact des mesures d’ouvertures prolongées des vannages sur l’agglomération chartraine, une pêche sera réalisée sur l’Eure à Lèves.
Au total, ce sont 4 stations qui seront prospectées en 2010 dans le cadre de cette convention.
Afin de localiser précisément les frayères à brochets fonctionnelles, des prospections auront lieu sur l’Eure et le Loir, au mois de mai, à proximité des sites de ponte.
Ø Localisation précise des zones de frayères sur les cours d’eau d’Eure-et-Loir.
Dans un souci de préservation des habitats piscicoles, la Fédération souhaite localiser avec précision les zones de reproduction des poissons. Cette étude permettra d’améliorer nos connaissances sur la répartition et le fonctionnement des zones de frai. Elle permettra également de les préserver dans le cadre d’études d’impacts relatives à des projets d’aménagements fonciers. Enfin, nous pourrons cibler avec une plus grande pertinence les actions de restauration de frayères. Compte tenu du linéaire important de cours d’eau à prospecter et des périodes d’observation restreintes chaque année, l’opération était programmée sur 6 ans et se termine fin 2010.
La Fédération a fait appel à un chargé d’études en CDD afin de mener à bien cette expertise sur les contextes piscicoles Voise, Vesgre, Drouette, Yerre moyen, Mazure et Huisne.
Ø Extension du réseau de suivi thermique des eaux superficielles du département.
Afin de connaître un peu mieux les conditions de vie des espèces piscicoles du département, la Fédération souhaite étendre progressivement le réseau de suivi en continu de la température des eaux superficielles. En effet, ce paramètre ne fait l’objet que de mesures ponctuelles qui ne permettent pas d’appréhender le bon déroulement du cycle biologique des différentes espèces.
Ce paramètre constitue un facteur limitant décisif dans le cycle de vie de la truite. Ainsi, il est envisagé de suivre les cours d’eau de première catégorie. Les chroniques de températures permettront notamment d’identifier les dates de pontes, ainsi que le temps d’incubation des œufs.
De même, la température influence le cycle du brochet. Il est donc également envisagé de placer des enregistreurs dans les cours d’eau de seconde catégorie, ainsi que dans les frayères récemment aménagées.
Ce suivi peut également permettre de quantifier l’impact thermique des vannages et des plans d’eau sur les rivières.
Globalement, la Fédération envisage de placer 10 enregistreurs thermiques supplémentaires en 2010.
Ø Lancement d’une étude sur la vitesse de croissance des espèces repères en Eure-et-Loir (brochets, truites, ombres).
Le code de l’environnement impose, au travers de plusieurs articles, une période de fermeture ainsi qu’une taille minimale de capture adaptée à chacune de ces espèces, ceci dans une logique qui consiste à leur permettre de se reproduire au moins une fois avant d’être capturées.
L’objectif de l’étude est de s’assurer que les poissons en question ont bien dépassé l’âge de maturité sexuelle, lorsqu’ils atteignent la taille minimale de capture.
Les éléments dont nous disposons actuellement, nous laissent penser que la vitesse de croissance est extrêmement rapide dans nos cours d’eau. Cela pourrait conduire à prélever des individus dont la taille légale de capture est atteinte, alors qu’ils ne sont pas encore mâtures sexuellement.
A l’occasion des diverses pêches électriques que nous pourrons réaliser, il s’agira de collecter des écailles afin de les étudier à la loupe. Cette science est appelée « scalimétrie ». Elle permet de définir l’âge des poissons en fonction des stries d’accroissement présentes sur les écailles.
L’accumulation de données au cours des années nous permettra de dresser une courbe de relation âge / taille, et éventuellement de faire évoluer la réglementation si cela s’avère nécessaire.
Chaque année un tableau de synthèse sera réalisé, afin de visualiser l’ensemble des données connues.
x Travaux de Restauration
Ø Travaux de restauration d’une frayère à brochets à Bonneval.
Après avoir réalisé un inventaire des sites potentiels de reproduction du brochet sur le Loir en 2009, la Fédération souhaite entreprendre des travaux de restauration sur un site à proximité de Bonneval. La parcelle concernée a récemment été achetée par l’Association Agréée de Pêche et de Protection du Milieu Aquatique de Bonneval, ce qui va faciliter notre intervention. Afin de rendre cette frayère fonctionnelle, la topographie du site ainsi que sa connexion avec le Loir, seront optimisés.
Cette opération sera menée en collaboration avec l’AAPPMA de Bonneval.
Ø Arrachage de jussie sur le Bassin versant du Loir.
Afin de poursuivre les efforts engagés depuis 2006 dans la lutte contre cette espèce envahissante, il est impératif de programmer une nouvelle campagne d’arrachage en 2010. Comme l’année précédente, il est probable que l’intervention du bateau ne soit pas nécessaire. Par contre, l’arrachage manuel, qui s’avère très efficace, est inévitable.
Comme en 2009, la Fédération se chargera de coordonner l’intervention et d’encadrer le chantier d’insertion sur le Loir, les plans d’eau, l’extrême aval de la Conie et malheureusement sur l’Aigre, où la jussie est apparue.
Sur les cours d’eau, nous passerons progressivement le relais à l’animateur de bassin qui a récemment été recruté par le Pays Dunois, pour nous concentrer d’avantage sur les plans d’eau et les annexes hydrauliques.