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- Préservation des milieux -

02/03/2010

La Fédération de pêche des Hautes-Alpes a entrepris des travaux ambitieux de réhabilitation du milieu aquatique.

 Le soutien de tous les organismes (techniques, financiers, administratifs, associatifs et fonciers) pour accompagner notre Fédération dans la réalisation d’actions de réhabilitation et de renaturation de cours d’eau est le signe d’une évolution profonde des mentalités !

Auparavant le réflexe vis-à-vis des cours d’eau était de s’en protéger en endiguant, en 're-qualibrant', en enrochant, en plaçant des seuils ou barrages et en curant des matériaux.

Aujourd’hui tout le monde s’entend sur le fait que nous avons tout à gagner en terme d’eau potable, de stabilité des ponts, de paysages et de richesse écologique …..

 à faire exactement tout le contraire.

......


 

LES ADOUX

 

La Fédération de pêche des Hautes-Alpes a entrepris des travaux ambitieux de réhabilitation des Adoux. Pourquoi?

 

Description et problématique des Adoux

 

Les rivières de piémont et de montagne telle que la Durance, le Drac, le Buëch… fonctionnent grâce à des annexes hydrauliques particulières : les adoux.

Ce sont des résurgences de la nappe phréatique (nappe alluviale ou nappe de versant) qui rejoignent, sous forme de petits ruisseaux, la rivière en empruntant des anciens chenaux délimitant les iscles dont la rivière s’est détournée par enfoncement ou éloignement. Ils présentent des caractéristiques physico-chimiques constantes sur l’année (débit, température). Ce sont des drains naturels de la plaine alluviale et des versants.

 

Les adoux ont plusieurs rôles dans le fonctionnement de la rivière et ils constituent notamment un milieu propice au frai, au refuge (crue et étiage), au rôle de nurserie pour les alevins et à la nutrition des espèces piscicoles. Ces milieux sont protégés au niveau national pour certaines espèces telles que les truites fario (Salmo trutta fario) qui se reproduisent principalement dans ces zones de novembre à janvier.

Les adoux sont donc un complément indispensable au fonctionnement des rivières de montagne et un point essentiel dans le cycle vital des communautés piscicoles.

 

Ce sont donc des réservoirs biologiques, qui sont indispensables à la sauvegarde de nombreuses espèces et au maintien de la biodiversité ». Pour cela, la notion de « corridor biologique » entre la Durance et ses annexes est essentielle car c’est cette connexion qui permet aux adoux de jouer pleinement leur rôle.

 

Ce n’est qu’au cours de ces dernières  décennies qu’ont été découverts la richesse biologique et le rôle écologique de ces espaces. Parallèlement on a aussi pris conscience de la menace qui pèse sur ces milieux.

 

             

 

 

Des disfonctionnement divers :

 

                             • Disfonctionnements liés à la mauvaise gestion de la végétation (fermeture du milieu).

 

                             • Disfonctionnements liés à des obstacles.

 

                             • Disfonctionnements liés aux pâturage (piétinements, excréments...)

 

                             • Disfonctionnemnt liés à la déconnexion avec le cours d'eau principal.

 

L'enfoncement du lit des cours d'eau, lié à la fois à une surexploitation des granulats et aux aménagements des berges (digues,...) a contribué à une déconnexion systématique de ces adoux avec le lit vif des rivières principales (Drac, Durance, Guil, ...). Autrement dit, on trouve aujourd'hui des adoux "perchés" au dessus de la rivière, ce qui entraîne leur assèchement, leur comblement et à terme leur disparition.

 

 

→ Adoux de St Thomas (commune de St Crépin)

 

   

 

Adoux de St Thomas avant les travaux                                          Adoux de St Thomas après les travaux.

 

Réalisation : association de ré-insertion par le travail ‘Lac, Rivières et Sentiers’ (Gap) et à l’entreprise BTP ‘Queyras’,

Maître d'ouvrage Fédération de Pêche 05

Partenaire technique : ONEMA

Partenaire administratif : DDAF 05

Partenaire Foncier : Commune de St Crépin et l’AAPPMA ‘L’Ardillon Haut-Alpin’

Partenaire Financier : Agence de l’eau RMC, le Conseil Régional, l’Europe (fonds ‘Natura 2000’), les Fédérations Nationale et Départementale de Pêche, l'AAPPMA 'L'Ardillon Haut-Alpin'.

 

 

 

→ Adoux des Mensals (Commune de Freissinière)

 

       

                             Adoux des Mensals avant les travaux                                   Adoux des Mensals aprés les travaux

 

Réalisation : Centre Permanent d'Initiative à l'Environnement Haute Durance

Maître d'ouvrage : Fédération de Pêche 05

Partenaire administratif : DDAF 05

Partenaire foncier : Commune de Freyssinière, AAPPMA 'La Gaule de Freyssinières'

Partenaire financier : FNPF, EDF ( fond commun d'intervention)

 

 

 

 

  → Adoux des Glacières (Commune d'Aspres sur Buëch)

 

 

                 Adoux des Glacières pendant les travaux                                                         Adoux des Glacières après les travaux

                                                                                                                                         

 

Maître d'ouvrage : Fédération de Pêche 05

 

 

 

 

 

 → Adoux du Gourret (Commune d'Aiguilles)

 

      

                             Adoux du Gourret avant les travaux                                               Adoux du Gourret après les travaux

 

Réalisation : Centre Permanent d'Initiative à l'Environnement et l'association de ré-insertion par le travail 'Lacs, Rivières et sentiers'.

Maître d'ouvrage : Fédération de pêche 05.

Partenaire administratif :DDAF 05.

Partenaire Foncier : Commune d'Aiguilles et l'AAPPMA 'La Truite du Guil'.

Partenaire financier : FNPF, EDF (fond commun d'intervention).

 

 

                                

Adoux des Foulons (commune de St Jean St Nicolas)

 

  

Adoux des Foulons avant les travaux.                                      Adoux des Foulons aprés les travaux.

 

Réalisation : Communauté de communes du Champsaur et l'association de réinsertion par le travail 'Les environneurs'.

Maitre d'ouvrage : Commune du Haut Champsaur et Fédération de Pêche 05.

Partenaire administratif : DDAF 05.

Partenaire foncier : Commune de Chabotte, AAPPMA 'La truite du Haut-Champsaur'.

Partenaire financier : FNPF, EDF (fond commun d'intervention), Agence de l'eau RMC, le Conseil Général 05.

 

 


 

La diversification des habitats

 

‘Les rivières en bonne santé sont des écosystèmes hautement diversifiés. De multiples éléments y génèrent une foule d’habitats qui permet le développement équilibré d’une faune et d’une flore très riche.

 

Dans une même rivière, l’eau ne s’écoule pas partout de la même façon.

Des zones rapides, souvent de faibles profondeurs, alternent avec des tronçons d’eau plus calmes et plus profonds. Ces variations de vitesse, de courant et de profondeur sont déterminants pour la répartition des espèces animales et végétales.

 

Le lit naturel des rivières est composé dans des proportions variables de sable fin, de graviers, de galets et de blocs rocheux.Les rochers qu’ils soient émergents ou noyés, situés en bordure ou au beau milieu du cours d’eau sont toujours très intéressants.Ils diversifient l’écoulement de l’eau en créant des courants oxygénateurs, des zones de contre-courant et des zones de dépôts riches en débris organiques.

Certains blocs rocheux offrent aussi des caches sécurisantes et des refuges stables.

 

→ En Durance,

 

pour les truites fario et les chabots notamment, l’existence de ces caches dans la rivière est absolument primordiale.

L'intervention a consisté à mettre en place des blocs rocheux naturels (non issus de carrière) par groupe de 2 ou 3 sur un secteur en déficit. (portion d'une longeur de 800m sur une portion de la Durance en aval de Briançon).

 

  

 

Durance (aval Briançon) avant les travaux                   Durance (aval Briançon) après les travaux

 

Réalisation : Entreprise Bernard Vachet;

Maitre d'ouvrage : Fédération de Pêche 05.

Partenaire Technique : ONEMA

Partenaire administratif : DDAF 05

Partenaire foncier : Mairie de St Martin Queyrière.

Partenaire financier : Agence de l'Eau RMC, Conseil Régional, FNPF.

 

→ Sur le Guil,

 

 

Guil après les travaux

 

Maître d'ouvrage : ONEMA, Fédération de pêche 05

 

 

→ Sur la Clarée

 

 

 

Clarée après les travaux

 

Maître d'ouvrage : Fédération de pêche 05


 

 

 

 

Etude génétique de la population de Truite fario

 

Les cours d'eau appartenant au bassin méditerraneen, tels ceux des Hautes-Alpes ont la caractéristique d'être habités par une forme tout à fait originale de la truite Fario : "la Truite méditerranéenne".

  Individu méditérranéen né dans le Buëch

 

Par contre, les poissons de pisciculture, domestiques, sont issus du bassin atlantique, et représentés par une forme appelée "truite atlantique". Cette 'souche' de truite a des aptitudes plus favorables à l'élevage. Ces élevages sélectionnent, par croisements et sélections répétitifs, les sujets ayant les caractères les plus adaptés aux conditions de vie dans une pisciculture. La truite atlantique issue de pisciculture a donc perdu les caractères naturels des poissons de rivière.

 Individu atlantique né en pisciculture 


Au cours des dernières décennies, beaucoup de cours d'eau ont été alevinés avec des truites (forme juvénile et adulte confondu) d'origines diverses, mais essentiellement issue d'élevage de truite fario atlantique. Le but de cette pratique était de soutenir les effectifs de truites dans ces milieux.
Il a pût alors se produire une pollution que l'on peut qualifier de "pollution génétique" au sein de la population de truites méditerranéennes. Les poissons déversés pouvant parfois s'hybrider avec les truites autochtones. Ce phénomène pouvant mener à moyen ou long terme à la disparition de souches originelles bien adaptées à leur environnement.

Les gestionnaires des cours d'eau ont pris conscience de l'importance de sauvegarder les souches de truites autochtones existantes. Outre le fait qu'il reste quasi-impossible à élever en pisciculture, ces poissons sont mieux adaptés aux conditions environnementales spécifiques pour chaque cours d'eau.

Les poissons autochtones sont donc d'une valeur inestimable. Leur préservation est à la base d'une gestion patrimoniale et permet également d'assurer une biodiversité importante.

C'est la raison pour laquelle, la Fédération et les différentes associations de pêche ont entrepris de dresser un état des lieux génétique du peuplement de truite fario des cours d'eau Haut-Alpin pour en mesurer la pureté méditérranéenne et pour, en parallèle, évaluer les conséquences des alevinages passés.

          

Description :

L'analyse génétique est accomplie par la méthode des micro-satellites sur un petit morceau de nageoire caudale. Les truites échantillonnées peuvent ainsi être relâchées dans le milieu naturel après le prélèvement. 

Les échantillons sont ensuite remis pour analyse ADN à l'Institut des Sciences de l'Evolution de l'Université Montpellier II. Cet institut effectue une comparaison avec des échantillons déjà analysés sur le bassin méditérranéen. Une souche domestique atlantique sert également de référence "pisciculture".

Ces études ont d’ores et déjà été menées sur différentes unités hydrographiques : le Guil, La Clarée, la Byaisse, le Grand Buëch, le Petit Buëch.

Les résultats :

Les résultats des analyses nous donnent une image encourageante de la situation du cheptel des truites Haut-Alpines.

Le Guil : Rivière peuplée de truites sauvages autochtones (méditéranéenne) globalement à 98 % (en amont du barrage de la Maison du Roy)

La Clarée : Rivière peuplée de truites sauvages autochtones (méditéranéenne) globalement à 84 %.

La Byaisse : Rivière peuplée de truites sauvages autochtones (méditéranéenne) globalement à 93,5%.

Le Grand Buëch : Rivière peuplée de truites sauvages autochtones (méditéranéenne) globalement de 85 à 94%.

Le Petit Buëch : Rivière peuplée de truites sauvages autochtones (méditérranéenne) globalement de 83 à 97%.

 

En conclusion :

La population de truites fario est trés fortement méditéranéenne. Elle est peu influencée par les alevinages et les gènes de truites de pisciculture.

La mise en place du Plan Départemental de Protection et de Gestion Piscicole depuis 2006 qui s'appuie sur cette amélioration des connaissances et sur le recueil de données scientifiques permet d'adapter une gestion patrimoniale des populations originelles de truites Fario. Cette gestion se doit d'être différente selon le milieu :

♦ Une gestion pour les milieux ne permettant plus le cycle de vie complet des poissons suite à des perturbations ( pollutions, disparition des zones de frayères, étiages, marnages ...). Dans ce cas des déversements peuvent-être effectués. Dans ce cas, les poissons doivent provenir exclusivement de la pisciculture fédérale, établissement sous grande vigilance et indemne de toutes maladies.

♦ Une gestion pour les milieux fonctionnels et qui permettent le cycle de vie complet des poissons. Dans ce cas, les déversements sont inutiles voire dangeureux.Les efforts et le travail doivent par conséquent plus s'orienter sur la préservation et l'amélioration (réhabilitation) du milieu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
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